Résultats de lecture — correspondances semi-quantitatives
| Résultat |
Concentration indicative |
Commentaire clinique |
Niveau |
| Négatif | < 30 mg/L | En dessous du seuil de détection de l'albumine | Normal |
| Trace | ~ 100–150 mg/L | À recontrôler sur 2e échantillon matineux | À surveiller |
| + | ~ 300 mg/L (0,3 g/L) | Protéinurie significative — quantification requise | Significatif |
| ++ | ~ 1 000 mg/L (1 g/L) | Atteinte glomérulaire à évoquer en priorité | Élevé |
| +++ | ~ 3 000 mg/L (3 g/L) | Syndrome néphrotique possible | Très élevé |
| ++++ | > 3 000 mg/L (> 3 g/L) | Protéinurie massive — bilan néphrologique urgent | Critique |
Les seuils exacts varient selon le fabricant (Siemens Multistix®, Roche Combur®, etc.). Cette correspondance est indicative — ne pas substituer à la quantification sur 24h ou au ratio albumine/créatinine.
Limite fondamentale — ce que la bandelette ne détecte pas
La bandelette est sélective pour l'albumine — résultat négatif ≠ absence de protéinurie pathologique
- Albuminurie modérément augmentée (stade A2 KDIGO) : 30–300 mg/g créatinine — la bandelette reste négative. C'est le principal dépistage manqué chez les patients diabétiques et hypertendus.
- Chaînes légères monoclonales (protéine de Bence Jones, myélome multiple) — bandelette faussement négative malgré une protéinurie totale importante, car la bandelette ne détecte pas les immunoglobulines légères.
- Protéinurie tubulaire (béta-2 microglobuline, alpha-1 microglobuline, protéines de faible poids moléculaire) — souvent très sous-estimée.
- Protéinurie de surcharge (hémoglobinurie, myoglobinurie) — peut coexister avec une bandelette protéines négative.
Règle pratique : une bandelette négative n'élimine jamais une atteinte rénale débutante chez un patient diabétique, hypertendu ou suspect de myélome. Prescrire systématiquement le ratio albumine/créatinine urinaire (ACR) sur miction isolée.
Faux positifs — causes d'interférence
Urine alcaline (pH > 7)
Urine très concentrée (densité > 1,025)
Infection urinaire / leucocyturie
Hématurie macroscopique ou menstrues
Contamination par antiseptiques (chlorhexidine)
Fièvre, effort physique intense, déshydratation
En cas de trace ou de 1+, toujours recontrôler sur un 2e échantillon matineux, à distance de tout facteur interférant. La persistance sur 2 examens espacés d'au moins 1 semaine définit la protéinurie pathologique.
Conditions pré-analytiques
- Récipient propre ou stérile — éviter les contenants souillés par détergents.
- Premier jet matineux préférable pour la bandelette (urine concentrée).
- 3 types de recueil selon l'objectif clinique :
- Urines de 24h — étalon-or pour la protéinurie totale
- Ratio albumine/créatinine — miction isolée, pratique, validé KDIGO
- Recueil sur période courte (4–12h) — situations particulières
- Conservation : à +4 °C avant envoi au laboratoire.
Indications du dépistage
Diabète — ACR annuel systématique
Hypertension artérielle
Grossesse (pré-éclampsie)
Lupus érythémateux systémique
Bilan systématique enfant / adulte
Suspicion myélome — associer électrophorèse
KDIGO 2024 : toute albuminurie ≥ 30 mg/g créatinine (stade A2) persistante est un marqueur indépendant de risque rénal et cardiovasculaire, quelle que soit la bandelette.
En pratique — seuils décisionnels
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Négatif ou trace isolé sans facteur de risque : résultat rassurant — recontrôler si contexte suspect (grossesse, diabète, HTA) ou si persistant.
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≥ 1+ (≥ 300 mg/L) — protéinurie significative : quantification sur 24h ou ratio ACR + recherche étiologique orientée (glomérulaire, tubulaire, myélome).
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Microalbuminurie (30–300 mg/g créat) — bandelette négative : doser systématiquement l'ACR chez tout diabétique et hypertendu, indépendamment de la bandelette.
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Protéinurie persistante > 150 mg/24h = maladie rénale chronique jusqu'à preuve du contraire. Orientation vers la néphrologie.